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GreenIT is the new RGPD : ne vous laissez pas distancer

GreenIT, Numérique Responsable, Sobriété Numérique. Peu importe le nom qu’on lui donne, habituons-nous à ce mouvement dont nous serons toutes et tous familiers d’ici peu, si ce n’est pas déjà le cas.

Je ne me fais pas ici l’écho des chiffres traduisant l’urgence climatique. Nous vivons un moment charnière, c’est indiscutable. Et la pollution numérique, qui dépasse déjà celle du trafic aérien mondial, doit être au cœur de nos actions individuelles et collectives pour peser dans la bonne direction.

C’est en tout cas l’avis des autorités françaises (via le Sénat et l’Assemblée Nationale) et européennes (via le Parlement européen) qui travaillent à des textes de loi pour faire du Numérique Responsable une obligation pour les entreprises et les collectivités de notre territoire.

RGPD et GreenIT : même trajectoire

Vous vous souvenez ? C’était le 25 mai 2018, date d’entrée en vigueur du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).

Pour protéger les données personnelles des citoyens européens, le législateur a adopté une démarche basée sur la responsabilisation des entreprises et des collectivités :

  • À elles de prouver qu’elles mettent en œuvre tous les moyens nécessaires pour protéger les données personnelles qu’elles traitent directement et/ou indirectement avec le recours à des sous-traitants,
  • Dès lors, la protection des données personnelles doit être prise en compte dès le design d’un nouveau service numérique : c’est le principe de « Privacy by design ».

Dans la foulée de sa mise en application en 2018, les entreprises ont dû investir une partie importante de leurs budgets et investir le temps de nombreux collaborateurs pour se conformer à la loi.

 

La proposition de loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France ne vise pas à défendre nos données personnelles mais l’environnement. Elle a été adoptée en première lecture le 12 janvier 2021 par le Sénat et examinée à l’Assemblée nationale à la mi-année 2021. Cette loi prend un chemin équivalent à celui du RGPD. Son texte initial vise notamment :

  • à rendre obligatoire l’éco-conception des sites web et services en ligne des grandes entreprises et des services publics (article 16),
  • à interdire la lecture automatique de vidéos (article 19) et le défilement infini (article 20), ce qui modifiera en profondeur le design des sites que les grandes entreprises mettent en ligne,
  • à ce que la déclaration RSE des entreprises exerçant une activité de fournisseur de contenus intègre des informations relatives aux stratégies et techniques déployées dans la conception de ces contenus (article 17),
  • et à inscrire le calcul de l’empreinte environnementale et son évolution dans leur bilan RSE (article 4).

Bien sûr, au-delà du volet coercitif, des mesures incitatives sont aussi à l’ordre du jour, comme un crédit d’impôt à la numérisation durable des petites et moyennes entreprises afin de les inciter, d’une part, à acquérir des équipements numériques reconditionnés et, d’autre part, à faire réaliser des études d’impact environnemental de leurs services numériques (article 5).

Nous savons donc ce qui nous attend. Tout comme nous le savions en 2018 à la publication de la loi sur la Protection des Données Personnelles. GreenIT is the new RGPD.

Anticiper pour ne pas subir

Et inutile de compter sur une mise au placard du texte par les députés. À 1 an de l’élection présidentielle en France où le thème de la défense de l’environnement sera brandi dans les programmes de tous les grands partis, il est peu probable que les députés se risquent à affaiblir cette proposition.

Les collectivités et les entreprises ont donc deux choix :

  • Attendre le décret d’application de cette loi, une fois celle-ci promulguée, et suivre le mouvement
  • Ou l’anticiper et rejoindre les rangs des pionniers

Mais seules les organisations qui se lanceront dès cette année tireront leur épingle du jeu. Car le GreenIT n’est pas qu’une somme de mesures contraignantes,
c’est une opportunité pour ceux qui s’en saisiront les premiers
.

 

Première prime au pionnier : attirer et fidéliser

Pourquoi anticiper ? Et bien d’abord et surtout pour faire bouger votre organisation dans le bon sens : en limitant son empreinte environnementale dès maintenant, vous faites ce dont l’environnement a besoin. Bref, vous faites le bien.

Cet argument ne vous touche pas ? Sachez pourtant qu’il est clé pour vos collaborateurs et vos clients. À titre d’exemple, un sondage IFOP de janvier 2021 soulignait que 49% des salariés français se disaient parfois amenés à agir contre leurs valeurs dans leur entreprise. Et, au-delà de « servir ses clients » et « faire du profit », 12% estimaient déjà que la raison d’être de leur entreprise doit être « de rendre le monde meilleur ».

Vous engager en pionnier dans une démarche GreenIT, c’est donc vous différencier pour fidéliser et attirer clients et collaborateurs performants. Mais il ne sera plus question de parler différenciation lorsque toutes les organisations se conformeront à la loi.

 

Seconde prime au pionnier : le cost killing

Le GreenIT est un cost killer. Au-delà du gain d’image, vous lancer dans une démarche GreenIT vous permettra de limiter dès maintenant la hausse des coûts IT de votre organisation.

Comment ?

  • En augmentant la durée d’usage des matériels et en réduisant le volume d’achat,
  • En baissant la consommation d’énergie des services numériques de l’entreprise,
  • En revendant les équipements non-utilisés à des reconditionneurs,
  • Etc.

Bref, plus tôt vous commencez, plus vite vous économisez sur le coût de vos services numériques.

 

Devenir un pionnier du GreenIT, c’est du bon sens. Mais attention : oubliez le Green Washing

Tirons les leçons de l’expérience RGPD : anticipons les obligations à venir. Car, comme la protection des données personnelles, celle de la limitation de l’empreinte des services numériques est un enjeu majeur qui gonfle dans l’opinion publique et qui est bon pour tous : la planète, nos entreprises et leurs collaborateurs.

Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. Une démarche GreenIT ne peut être cynique et associée à la seule recherche d’un profit pour l’organisation. Elle ne sera couronnée de succès que si elle est sincère et menée avec engagement à tous les niveaux de l’entreprise.

 

Concrètement, comment vous lancer ?

Lancer une démarche GreenIT n’est pas, en soi, complexe. Il s’agit de lancer des actions concrètes destinées à réduire l’empreinte de vos services numériques. Et les idées d’initiatives sont nombreuses : limiter les pièces jointes volumineuses dans les mails, préférer le travail sur des documents partagés, réduire l’utilisation des imprimantes, etc.

Vous avez en réalité deux manières de vous lancer. Vous pouvez au choix :

  1. vous lancer de manière improvisée en poussant les actions qui vous semblent importantes et en tentant d’embarquer le maximum de vos collaborateurs autour de vous. Et ce sera déjà beaucoup. Car vous accélérerez la prise de conscience de votre organisation sur ce sujet-clé.
  2. ou vous lancer de manière structurée et efficiente. Comment ? En nommant une personne responsable du Numérique Responsable et en identifiant les initiatives les plus efficaces : celles qui réduiront drastiquement votre empreinte environnementale à court-terme et, en parallèle, limiteront vos coûts IT.

Une personne que j’ai accompagné dans le lancement de sa démarche GreenIT le résume parfaitement avec ses mots : “Pour lancer proprement une démarche GreenIT, il faut commencer par savoir d’où on part. Par faire une photo précise de l’impact environnemental de son organisation. Cette photo, elle consiste à savoir d’où on part pour savoir où l’on va. Dans mon cas, elle m’a permis de mettre le doigt sur l’importance de certaines initiatives qui n’étaient pas dans mon radar :

  • l’utilisation d’un certificat d’énergie hydraulique courant,
  • l’éco-conception de nos services numériques,
  • la possibilité de fournir des fairphones ou des téléphones déconditionnés aux collaborateurs, etc.

En bref, lancez-vous ! Seul(e) ou accompagné(e) d’experts qui ont l’habitude de construire et piloter ces démarches. Mais lancez-vous et soyez pionnier ! Le GreenIT est un sujet trop important pour être reporté à 2022, une fois que la loi sera passée.

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