Culture produit : auto-évaluation de l’équipe & de l’entreprise

Good Times, Bad Times – 1968

Dans notre précédent opus, nous parlions culture produit : ce que cela signifie, le pourquoi qui se cache derrière des noms qui font actuellement le buzz. Ok, mais là vous vous dites tous « comment fait-on pour aller vers cette culture », car la théorie et les belles pratiques c’est sympa, mais ça donne souvent la sensation de devoir gravir une montagne qu’on ne sait pas quel versant attaquer.

C’est pourquoi, nous vous partageons un outil qui nous permet de :

  • Collectivement cartographier la maturité produit de l’équipe et ainsi lui permettre de sélectionner le pan qu’elle souhaite renforcer sur les 3 à 6 prochains mois.
  • Collectivement mesurer la progression d’une équipe dans le temps, et donc l’impact d’un accompagnement.
  • Collectivement permettre aux équipes de partager des pratiques « Nous avons vu que vous étiez super à l’aise sur la recherche utilisateur, nous on pèche là dessus, on pourrait venir vous voir ? ».
  • Individuellement vous cartographier et ainsi demander à votre manager des formations / des objectifs annuels en accord avec ce que vous pourriez apporter à l’équipe, on fait alors d’un objectif un double sens « Apport de valeur à l’équipier + apport de la valeur à l’entreprise ».
  • Faire passer des entretiens de recrutement où le candidat déclenche ainsi la conversation autour des sujets de l’outil que nous vous présentons. Cela permettra d’éviter le « Donnez moi 5 défauts et 5 qualités » qui n’apporte pas grand chose : candidat et recruteur ont besoin de s’évaluer, voir s’ils ont envie réciproquement de travailler ensemble. Discuter des convictions et de la culture est un bon moyen de se projeter et d’apprendre à se connaître.

Et si on jetait un œil de plus près à cet outil ?

Télécharger Atelier Maturité Produit

Whole Lotta Love – 1969

Nous avons fait le choix d’un jeu de carte. La carte est naturelle à manipuler, elle passe aisément d’un participant à l’autre et sa fabrication est accessible à tous (simple impression et éventuellement plastification).

Aller, on se lance dans le « unboxing » (c’est à la mode sur Youtube…)

  • 8 cartes « Colonnes » qui reprennent les différentes thématiques qui vont être cartographiées :
    • Collaboration
    • Solutionner
    • Agilité
    • Utilisateurs
    • Stratégie
    • Backlog
    • Métrologie

  • 5 cartes décrivant les niveaux de Maturité qui vont former nos lignes :
    • Inconnu
    • Découvre
    • Apprends
    • Maîtrise
    • Enseigne

  • 24 cartes, 3 par thématique sur des objets bien précis sur lesquels l’équipe va s’auto-évaluer.

 

Instinctivement, vous voyez apparaître l’idée d’une cartographie. Mais, comment, dans la pratique pouvons-nous construire notre carto ?

Immigrant Song – 1970

Les colonnes sont posées, les lignes également, plaçons nos cartes ! Procédons par thématique et penchons nous par exemple sur la carte « Problem Solving » :

Posons-nous les questions suivantes, en tant qu’équipe :

  • Nous n’avons jamais entendu parler de ces notions → Niveau « Inconnu »
  • Nous avons déjà entendu parler de ces notions et nous aimerions essayer → Niveau « Découvre »
  • Nous commençons à utiliser ces pratiques au quotidien → Niveau « Apprends »
  • Nous utilisons l’intégralité de ces pratiques quotidiennement → Niveau « Maîtrise »
  • Nous sommes capables d’enseigner ces pratiques à une autre équipe → Niveau « Enseigne »

La réponse défini l’emplacement de la carte sur la matrice. Il est important d’arriver à une vision de l’équipe : globalement, nous devons posséder la compétence, pas individuellement. C’est la partie coton de l’exercice, laissez le discours s’installer mais restez alerte sur le fait que la discussion ne file pas sur une autre thématique et captez la tendance du groupe (pas des individualités).

Une fois toutes les cartes posées vous devriez arriver à un résultat très visuel (si vous êtes short en télékinésie, utilisez la patafix, c’est extra.) :

La suite ? Identifier les patterns de force et de faiblesse :

  • Communiquez sur les forces de votre équipe auprès des autres équipes. Si une de vos forces est une de leurs faiblesses vous trouverez alors rapidement des sessions de partage et d’enrichissement entre vous. Partagez, inspirez-vous, expérimentez.
  • Communiquez sur vos faiblesses avec vos managers : comment pourrions-nous travailler ensemble à l’amélioration de ces pans sur les 3 prochains mois ? Formation, conférence, MOOC, shadowing, mentoring, coding dojo etc… Toute solution a le mérite d’être explorée : elle peut être proposée par un manager, ou par un membre de l’équipe. C’est un excellent moment pour transformer le management : voyez votre manager comme la personne qui peut vous aider à défricher les voies que vous voulez emprunter. En tant que manager, écoutez vos équipes, « ceux qui savent, font », ils savent donc où aller mais ont besoin de vous pour préparer le terrain.

Refaites régulièrement l’exercice afin de visualiser l’évolution de la maturité de votre équipe.

Nous attirons votre attention sur l’effet Dunning-Kruger, à prendre en compte dans les résultats des auto-évaluations :

En d’autres termes : si une équipe junior voit sa maturité « se dégrader » d’un exercice sur l’autre, ça n’est pas forcément synonyme d’une perte de connaissance mais potentiellement qu’elle devient réaliste dans son auto-évaluation et passe de la montagne de la stupidité (sur-estimation) à la vallée de l’humilité (sous-estimation).

Stairway to Heaven – 1971

Mais où veut-il en venir avec ces titres qui ne veulent rien dire ?

Certains l’auront remarqué, chaque titre est une chanson de Led Zeppelin, respectivement des albums Led Zeppelin I, Led Zeppelin II, Led Zeppelin III et Led Zeppelin IV. Les plus rockambolesques d’entre-vous auront même noté que chaque date correspond à l’enregistrement studio de l’opus… On ne peut rien vous cacher !

Au delà d’être une invitation à ressortir vos vinyles, Led Zeppelin est un groupe qui naquit dans les cultures blues, rock et folk mais sera reconnu comme étant le père du Hard Rock et du Heavy Metal. Les habitués du Shuhari auront rapidement fait le parallèle : Led Zep’ après avoir appris puis maitrisé des styles musicaux, forgera son propre style, en explorant ses propres voies pour magnifier ses acquis et donner naissance à une nouvelle culture qui en inspirera d’autres.

Et c’est là le deal ! Nous vous partageons ici un outil de cartographie d’une culture, mais ne vous y trompez pas : la finalité n’est pas d’arriver à positionner toutes les cartes en « Enseigne », le but de toute culture est de s’émanciper pour explorer de nouvelles voies, et faire naître un nouveau paradigme en ajoutant y ajoutant de nouvelles dimensions. Ne considérons donc pas la maîtrise comme finalité. Jean-Pierre LUMINET utilise l’image de la sphère pour représenter la connaissance. Le rayon représente ce que nous connaissons et l’aire ce que nous ignorons. En grandissant le rayon de notre sphère, nous augmentons notre connaissance, mais le volume des choses que nous ignorons, l’aire, augmente, elle, au carré. Plus nous apprenons et plus nous nous rendons compte que nous avons à apprendre.

 


C’est quand nous maîtrisons tout, que nous commençons à apprendre de nouvelles choses.

A présent, vous savez pourquoi penser produit, ce que cela signifie et comment vous analyser (votre entreprise, votre équipe, vous même). Dans notre prochain billet, nous vous partagerons d’autres outils pour aller plus loin. Stay tuned, et longue vie au Rock’N’Roll !


 

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