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Il y a 1 an -

Temps de lecture 6 minutes

La rétro ? On en parle du télétravail ?

…Paris… Son romantisme, son style Haussmannien, ses Champs-Élysées, ses croissants, ses métros fermés et ses open-spaces vides !

« Fluctuat Nec Mergitur » alors oui ! Ça ne manque pas d’une certaine noblesse sur le drapeau de la ville ! Mais ça ne fluctuat pas des masses en ce moment !

 

« Ave Cesar, rosae rosam, et spiritus rex ! Ah non, parce que là, j’en ai marre ! » – Le Roi Loth dans Kaamelott

Si vous vivez en France en ce moment, et particulièrement en région parisienne, vous avez probablement noté comme un certain mélange de frustration et d’agacement quant aux évènements ferroviaires. Avant toute chose, soyons conscients de la chance que nous avons dans l’IT, de pouvoir gérer une telle situation avec du télétravail. C’est exceptionnel au regard de l’économie de notre pays, alors ne tombons pas dans la stigmatisation à outrance façon plateau télé (je n’ai rien dit … suivez mon regard !).

Et là, arrive la fin du sprint et la rétrospective… On est tous chez nous, et on se dit que ce moment sacré, en équipe (moment d’intimité d’ailleurs), n’est pas possible à distance. Et que faire sauter la rétro peut valoir le coup…

Et bien c’est l’occasion pour nous de vous partager un REX sur l’expérimentation d’une rétro à distance.

« Mundi placet et spiritus minima, ça n’a aucun sens mais on pourrait très bien imaginer une traduction du type : Le roseau plie, mais ne cède… qu’en cas de pépin… Ce qui ne veut rien dire non plus. » – Le Roi Loth dans Kaamelott

Rembobinons quelque peu la vidéo et posons le décor :

Nous sommes :

  • Une équipe jeune (6 mois) de 4 devs, 1 PO, 1 SM
  • Une équipe colocalisée
  • Une équipe qui pratique beaucoup le pair programming
  • Une co-construction permanente (équipe produit)
  • Un goût prononcé pour le physique (boards physiques, story maps physiques etc …)
  • Un coach qui ne peut pas piffrer le travail à distance ! (ça… c’est moi)

Mais voilà… Même si on n’aime pas, y’a des moments où il faut essayer ! (Attention, cela ne fonctionne pas avec les choux de Bruxelles, ça n’a aucun intérêt d’essayer ! Aucun …).

Alors, nous avons essayé. Et nous avons essayé « Done Right », on le fait à fond ou on ne le fait pas. Et nous vous livrons les résultats de notre expérimentation.

« Retro peccat et rex domini… Y’a retro, y’a peccat… On peut vaguement en faire quelque chose. » – Le Roi Loth dans Kaamelott

Alors… Voilà le deal, nous ne voulons pas dégrader la qualité (qualité sans compromis bien sûr).

Il nous faut une solution qui saura garder :

  • Le dynamisme
  • La créativité
  • L’esprit d’équipe

Nous avons opté sur conseil d’un développeur de l’équipe voisine pour Miro qui a l’avantage d’être gratuit et collaboratif, couplé à Teams pour le vocal et les partages d’écran éventuels.

Etape 1 : Organiser l’espace de travail de l’équipe

 

Et si on partait sur un Keep / Drop / Improve / Start ? Un format plutôt simple pour s’essayer à la rétro à distance. (Pour les plus curieux : Les grands classiques de la rétro)

6 espaces sur le même board Miro :

  • Espace Gris : L’espace principal avec les 4 thèmes (Keep / Drop / Improve / Start) : C’est là où nous allons venir à tour de rôle exposer nos faits et idées.

 

  • Espaces colorés : l’espace personnel de chaque équipier. Zoomé à 33% on ne voit alors que son espace ce qui nous évite ainsi d’être influencé / distrait par les actions des autres. Préparer en amont les post-it pour chaque équipier permet de :
    • Gagner du temps (en particulier si l’équipe n’est pas à l’aise avec l’outil, on favorise la prise en main rapide)
    • Gagner de la cohérence (au moment de coller on évite les post-it aux formats différents etc …)

Etape 2 : Le déroulé

« Ok les gars, on se prend 3 minutes pour énumérer tous les faits positifs : ce qu’on doit garder de l’itération qu’on vient de terminer ».

3 minutes plus tard

« Ok ! On est bon ? personne n’a besoin d’une trentaine de secondes supplémentaires ? Alors qui se lance pour venir coller ses post-it sur le board principal ? Une fois terminé il enverra un des copains »

C’est ainsi qu’on déroule chaque phase de la même façon pour construire notre rétrospective, en laissant au maximum la main à chaque participant pour favoriser le dynamisme et l’attention (acteur et non spéctateur).

 

« Victoriae mundis et mundis lacrima . Bon, ça ne veut absolument rien dire, mais je trouve que c’est assez dans le ton. » – Le Roi Loth dans Kaamelott

 

Et si on faisait une rétro de la rétro ?

Aspects positifs :

  • On peut faire une rétro à distance
  • MIRO is free ! (mais limité)
  • Connexion via compte google / microsoft / facebook etc …
  • Le côté post-it / je déplace / change les couleurs comme je veux
  • Jean-Michel PatteDeMouche arrive à écrire de façon lisible pour une fois !
  • Ça fait un « joli » rendu à garder de côté dans son drive, à imprimer sur son board etc …
  • Open bar sur le template, on fait ce qu’on veut (Glad / Mad / Sad, SpeedBoat, Time line etc …)

Aspects négatifs :

  • La communication non-verbale (et son absence) fait perdre pas mal de valeur (on ne va pas voir un regard inquiet, hésitant, une posture en retrait etc … qui sont autant de marqueurs utiles au facilitateur)
  • Très rapidement l’espace conversationnel est occupé par 1 à 2 personnes, la non vision des autres en retrait impose une vigilance accrue du facilitateur
  • Niveau « intimité d’équipe », c’est clairement stérile
  • 50% plus long (mais sûrement lié à la première fois, nous n’avions pas nos repères)
  • Une facilité à parler qui peut vite glisser vers une bienveillance égratignée. On est moins « raisonné » qu’en physique et le fait de ne pas avoir l’autre avec soi peut favoriser les glissements émotionnels

Alors quoi en retirer ? Unanimement, dans l’équipe le sentiment est plutôt négatif. Nous sommes transparents : nous préférons largement le présentiel. Néanmoins, nous avons préféré ce mode de fonctionnement à « ne faisons pas la rétro », qui aurait été une pire perte de valeur. C’est également un bon marqueur de la maturité de l’équipe quand l’apport de valeur de la rétrospective devient une conviction forte.

Conclusion ? Tentez ! Ce ressenti qu’on vous livre nous est propre, propre à notre fonctionnement, propre aux humains qui composent notre équipe. Ne vous arrêtez pas sur les + / – : ils sont relatifs. Un agiliste en toge blanche vous dirait « C’est l’agile-lumière, mon agile-fils », nous préférons vous dire « tentez, allez-y… Faites vous votre idée, avec votre équipe ! ».

 

Utilisez les mécaniques que nous avons essayé, malmenez-les, modifiez-les, partagez-les !

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Commentaire

4 réponses pour " La rétro ? On en parle du télétravail ? "

  1. Published by , Il y a 7 mois

    Top cette retrospective-ception, merci beaucoup ! Ça me conforte dans l’idée d’en fire une mais m’effraie dans ce que ça pourra donner… abyssus abyssum invocat comme qui dirait… (oui pas la même ref et alors :p ).

    Le plus gros « drop » c’est le travail à distance… et au cas où vous avez changé ou recherché des moyens techniques pour l’améliorer (en plus de faire de jolis boards Miro) ?

    Et deuxième petite question, tu penses que c’est scalable pour animer un groupe jusqu’à mettons… 12-13 personnes ?

  2. Published by , Il y a 4 mois

    Moi j’affectionne l’outil http://www.draft.io qui est gratuit et propose plusieurs themes de rétro pre-implémentés. On peut évidemment créer son propre modele de rétro et exporter l’ensemble des contributions pour faire une restitution

  3. Published by , Il y a 4 mois

    Bonjour Florence.

    Totalement, j’utilise draft.io depuis et il est excellent (le petit plus : le dark mode qui fait beaucoup de bien quand on utilise intensivement l’outil).

    En plus c’est fabriqué par des petits gars made in France qui sont adorables, avec une super culture produit.

  4. Published by , Il y a 4 mois

    Bonjour Nicolas, fan de Futurama ! (gros plus ça sur un CV).
    La ref à Asterix mission Cléopâtre me convient totalement aussi.

    Avant toute chose : merci, et désolé de la réponse tardive. WordPress ne nous envoie plus de notifications donc nous avons loupé pas mal de choses. J’espère pouvoir réparer en partie cela aujourd’hui.

    Il faut rester lucide : nous sommes des animaux sociaux, ça fait 2.5 millions d’années que nous vivons physiquement en groupe, la majeure partie de notre communication est non verbale, et ça nous ne pouvons (à l’heure actuelle) le capter en télétravail. Donc, a distance, on reste (dans le cadre d’un travail en équipe) sur du dégradé, il est illusoire de prétendre le contraire. Le deal : « comment le dégrader le moins possible ». A mon sens, le plus gros point de « drop » que j’ai constaté, c’est la facilité de mise en retrait à distance, en tant que facilitateur il est très dur de veiller à ce que tout le monde parle, et inviter chacun à la parole (alors que physiquement c’est instinctif). Je trouve également qu’il est bien d’avoir un peu de temps en informel. Par exemple : 10 min avant le meeting ou 10 min après, on garde du temps pour discuter de tout et de rien (mais pas du slot en lui même) : juste une discussion machine à café. On a supprimé ces discussions (et elles sont primordiales dans le liant humain) et on a tendance à aller à des réunions numériques de façon mécanique « j’me co, je parle, je déco », mais on perd le folklore humain. Gardons un peu de temps soit avant / après les réunions, soit sur des créneaux fixes dans la journée (genre de 10h à 10h15 : café en équipe, pas de réu possible).

    Personnellement, pour animer 12-13 personnes je choisirai de faire des « mini-groupes » de 2, donc 6 groupes, On retombe sur 6 entités participantes (mais alors composées de 2 individus) alors (en pensant qu’il faut laisser un peu plus de temps à chaque phase pour l’échange au sein des mini-groupes). L’avantage c’est qu’on garde 6 entités, donc à chaque phase 6 personnes parlent, si 12 ou 13 personnes doivent parler, alors on créé de l’entropie (une fois que je suis passé, je sais qu’on a encore 20 min de blabla des autres, mon cerveau déconnecte).

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